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Écrire, ça a toujours été ma seule façon d’allumer des bougies.
Mon papi-verger est mort cet après-midi, après trois jours d’inconscience.
Il va me manquer et c’est con parce que je n’ai jamais été présente dans sa vie. Je déteste le téléphone, on n’a jamais eu l’habitude de s’écrire. On se voyait deux fois par an, depuis que j’ai quitté l’enfance.
Mais il était là. Et tant qu’il était là tout était possible. Et je sais qu’il m’aimait.
Il avait vieilli. Enfin, il a toujours été vieux à mes yeux, avec soixante ans de différence … Mais il était devenu fragile. Il avait rapetissé, il perdait un peu la mémoire. Le nom de Nicollas, il n’a pas pu le retenir. Mais ces derniers mois, il était devenu plus gai.
A Noël il a chanté pour nous tous, et Mamie a lu une lettre qui nous donnait rendez-vous pour leurs noces d’astrakan. On savait bien qu’il y avait peu de  chances, on aurait bien voulu, quand même. On a chanté aussi, pas toujours très juste, mais en s’amusant bien.
Le jour d’avant le coma, c’était la Saint-Blaise, le patron du village, il a bien vécu comme on dit chez nous, c’est-à-dire qu’il a passé un bon moment. Ensuite il a chanté toute la soirée pour l’amour de sa vie.
Ma mamie, elle a dormi avec lui toutes les nuits, à l’hôpital. Ils ont dormi ensemble toutes les nuits depuis plus de soixante ans. Tous les jours, ils ont eu pour l’autre des mots taquins et un regard éperdu. Cette chance-là. Et tous les matins, il lui a apporté des tartines beurrées au lit, à cette femme qui n’a rien d’une princesse au petit pois.
Parce qu’il était un prince, lui aussi.




Cette fois, c’est fini !

Ou comme le dit Xave,  “bienvenue chez les Divas” !

J’ai commencé à écrire sur le net fin 2004, d’abord sur un forum puis très vite sur un premier blog, inspirée par celui de Chulie.

Activité de mise à distance de mes petits problèmes et d’oblitération d’un chagrin tenace et de la crainte de gâcher ma vie, mon premier blog s’appelait “Sérieuses tentatives d’autodérision”.

Le blog a déménagé plusieurs fois, il est devenu plus intime, puis progressivement moins girly. Au début strictement “réservé aux inconnus”, il s’est peu à peu laissé lire par mes proches, certains découvrant alors une part de moi plus intime. Mais surtout, certains des lecteurs inconnus sont devenus des proches.

S’il fallait n’en citer qu’un, ce serait l’homme de la lune, évidemment. Si nous ne nous sommes pas rencontrés via le blog, c’est sa lecture qui lui a donné l’envie, et peut-être l’audace, de me recontacter. Mais il y a en a bien d’autres, parmi mes plus chers amis.

Lorsque j’ai découvert l’écologie, mes carnets se sont multipliés, un plus militant et thématique, l’autre plus personnel et littéraire, un troisième en sommeil, un autre secret … pour finir par se rassembler de nouveau en ces pages. Lorsque J. est mort, j’ai pu pleurer ici, et parler de ma douleur et de sa guérison.

La vraie vie et la vie bloguée se sont rapprochées à un point que aujourd’hui je sens critique. Notamment, le blog de l’homme de la lune étant lu par un public spécifique, des gens que souvent j’ai envie de rencontrer et avec qui nous avons envie d’avoir des projets en commun, mais auxquels je ne veux pas forcément faire connaître tout ce que je livre ici.

Je lis des blogs, beaucoup. Plus en retrait qu’avant, je n’interviens plus juste pour signaler ma présence. Je continuerai à le faire.

Moi, je recommencerai peut-être ailleurs. Ce n’est pas sûr. De toutes façons, je le ferai en douce (enfin, j’essaierai).

Les archives ici vont bientôt disparaître.

Bonne route et merci. Qu’est-ce que c’était chouette !

« C’est un monde magique, vieux frères … allons l’explorer ! »*

*Calvin et Hobbes, dernier album. Diva un jour …




J’ai reçu

la plus jolie lettre de toutes hier.

Et ça m’a donné (encore plus) envie de scruter la vie, la vapeur qui danse au-dessus de ma tasse de thé, le contact de la pulpe de mes doigts sur le bol en olivier.

Je sais pas si j’ai le droit de parler beaucoup de lui ici, mais l’homme qui a écrit la lettre est quelqu’un que j’admire beaucoup. Pour des raisons évidentes, comme le fait qu’il aie plaqué son boulot d’ingénieur et ses occupations de citadin surengagé pour devenir paysan. Et puis pour des raisons plus subtiles que je ne connais même pas toutes, son sourire qui lui prend tout le visage, l’honnêteté qu’il a envers lui-même, le soin qu’il met à la conversation.

J’ai de la chance, moi. Je suis bien entourée (même de loin).




Pense-bête

“Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.”

(Pablo Neruda)

(J’ai pas de frigo, j’accroche mes trucs à pas oublier sur mon blog)




La pêche

Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, je me suis réveillée en pleine forme,

une chanson sur les lèvres,

des rigoleries au bout de la langue,

et des associations d’idées par éternuement plein la tête.

J’ai pris mon petit déjeuner avec l’amie Faucon,

comté - pain grillé et thé de Ceylan pour moi,

tartine beurre salé - confiture de figues et thé au jasmin pour elle.

J’avais pas envie de la laisser partir, on s’en fout on se revoit bientôt promis,  je suis arrivée un peu en retard au boulot. C’était bien.

Bonne journée !

Psssttttt !

Pssssssssst !
Trois nouvelles arrivées dans mes liens, allez-y voir !

(Lili, Aurélie la vie en rouge et Telle)




Femme ?

Je viens de lire un billet de Telle.

Moi aussi j’approche des trente ans, et je commence à apprivoiser l’idée d’être une femme, sans pour autant savoir ce que ça veut dire exactement au-delà d’une évidence biologique (laquelle n’est même pas acquise pour tout le monde).

Quitter mon idendité de fille pour devenir une femme est passé par le regard que je porte sur mon corps, sa réalité, ses jouissances aussi. Mon corps a beaucoup moins changé ces dix dernières années que les dix précédentes, mais ce n’est que très récemment que j’ai à nouveau unifié la réalité de mon corps, et l’image que j’en ai. Comme si ma tête, mon ressenti, mon regard avait dix ans de retard sur ma chair.

(Pause vidéo ? Rapport au corps : 38-40)

Et me vient l’envie de décrire mon corps, une façon aussi de me raconter moi, et de célébrer le fait d’être en vie. Telle cicatrice, tels grains de beauté, telle trace du poids pris ou perdu, mais aussi, simplement, sa présence, sa réalité.

Oui, je crois enfin être en paix, ou peut-être en équilibre : je n’ai pas envie de changer, je ne suis pas au régime, je ne “fais pas juste attention”, je ne me chagrine plus des marques que vingt-huit ans de vie ont tracées.

Je ne dirais pas encore que j’aime mon corps (y a t’il quelque chose de plus difficile que de s’aimer soi-même ?), mais je suis lui.

“Mais même sans viser trop haut, je veux que tu sois, vieille bête
Au moins aussi bien dans ma tête que moi je suis bien dans ta peau”

Anne Sylvestre, Carcasse




Quand l’homme n’est pas là …

L’espèce d’être-ange avec qui je partage un matelas, quelques projets et le plus clair de mon temps, n’est pas là pendant quelques jours.

Avant, c’était l’absence notre quotidien. Et ma douleur.

Aujourd’hui que le trésor d’être ensemble n’est plus une rareté, on dirait que j’arrive à savourer les petits riens de son absence. Faire la vaisselle tout de suite. Allumer des bougies rien que pour moi. Faire une sauce de salade à l’huile de colza et non d’olive. L’arrivée à l’improviste d’une amie, pas vue depuis deux ans, demain, dire oui sans consulter personne, et passer une soirée juste avec elle.

La solitude qui me faisait si peur (même petite, même pour quelques jours) commencerait-elle à m’apprivoiser ?

Galerie de Aleera*

Galerie de Aleera*




Parfois …

…  je me dis que si je racontais, sous un titre bien racoleur, “comment j’ai retrouvé le poids de mes seize ans sans régime ni sport”, ça pourrait peut-être faire du bien à des gens.

…  j’ai envie d’un lait-fraise et d’un bain avec des bulles.

… je reçois de très jolies cartes inattendues, et je me creuse la tête pour répondre,

… je me dis que je devrais écrire ici plus régulièrement,

… échanger via l’écrit me permet de mesurer le chemin parcouru et de me sentir en paix.

Galerie de Dennis Wong

Galerie de Dennis Wong

Bonne soirée à vous (ah, et le prochain commentaire sera le millième, appliquez-vous donc)




Hop hop hop

On est jamais aussi bien servi que par soi-même, paraît-il … sauf qu’en ce moment, j’ai souvent l’impression de jouer contre mon camp, la fatigue en bandoulière, la plainte au bord des lèvres et le découragement plein les poches.

Alors, histoire d’inverser la tendance, je me souhaite cette année :

_ des réveils en pleine forme, plein d’énergie sous les crottes d’yeux,

_ de continuer la lente mais sûre réconciliation avec mon corps,

_ de trouver des réserves de détachement et d’humour (ou me mettre à leur culture (bio)intensive),

_ des couleurs au quotidien,

_ la toute petite dose de courage nécessaire pour faire les trucs qui me font envie et que je n’ose pas ou que j’ai la flemme de commencer,

_ des nuits complètes et reposantes sans avoir besoin qu’elles durent 12 h.

Bizarrement, pour toutes les grands chantiers, trouver un terrain, ou des partenaires agricoles, quitter l’Educ Nat, trouver une formation agricole, voire épouser l’homme de la lune, j’ai l’impression de n’avoir rien à me souhaiter. Tout ira bien.

Smiley, de Pascal Vuylsteker
Smiley, de Pascal Vuylsteker

Bonne année à vous-mêmes personnellement, et je vous souhaite aussi de la gaieté au quotidien.

J’aurais aimé mettre cette photo-ci : http://www.flickr.com/photos/mille_pattes/2541043619/, mais ce sale végétarien de mille-pattes ne l’a pas mise en creative commons. Allez-y voir, elle est douce et joyeuse.




Je me cache

derrière mon écran, derrière mes peurs, derrière le masque de la maîtrise, l’autorité malgré les mains qui tremblent. Je me cache dans l’observation, dans les vœux de bonne année, dans l’écoute de la musique, dans le choix des matières. Je me réfugie dans la lecture, je me replie, peau chaude contre peau chaude, dans les gestes de la cuisine, derrière un sourire même.

Je me cache.

(Peut-être parce que ça fait toujours mal, peut-être parce que j’ai traversé ces deux pertes et que je suis toujours là, mais que ma honte aussi, et que de la savoir inepte n’aide pas. Ou peut-être que ça n’a rien à voir.)




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